UN STAGIAIRE DE TESTE L’ÉTHIQUE DU RECOUVREMENT : RENCONTREZ TIM DEBOES (2È PARTIE) 

Dans la première partie de son interview, Tim nous expliquait ce que son stage à TCM lui avait apporté pour mieux comprendre l’équilibre entre éthique et santé économique. L’interview continue ci-dessous.

 

Dans le nouveau programme de la VRT « Caring for mom », six mamans montrent et expliquent aux téléspectateurs ce que c’est que de vivre dans et avec la pauvreté. L’une des interventions m’a interpellé car par le passé j’ai pensé comme ce téléspectateur : « Elle dit qu’elle est pauvre, mais il y a une piscine de 19 000 litres qui brille dans le jardin. Ne devrait-elle pas utiliser cet argent autrement ? » Les gens semblent très prompts à juger quelqu’un endetté, et surtout à penser qu’ils ne se retrouveraient jamais dans une telle situation ou qu’ils géreraient vraiment mieux la situation.

 

 

Je comprends à la fois ta réaction et l’achat de la piscine. Cela ne semble rationnellement pas un bon choix de dépenser de l’argent, mais d’un autre côté, c’est peut-être moins irrationnel qu’on ne pourrait penser. La théorie de Shafir et Mullainathan m’a appris que la réaction aux situations est contextuelle. Et tant que vous ne connaissez pas tout le contexte, vous ne pouvez pas juger.

 

Dans ce cas, la piscine s’est avérée être d’occasion et les enfants ont vraiment apprécié les plaisirs aquatiques. C’est pour les enfants que l’achat a été fait, et ce qui a été dépensé ne peut plus être saisi facilement.

 

Sans vouloir paraître pédant ou analytique, cela évoque la vision en tunnel où les options (vision large) ont disparu. Les personnes en situation de pauvreté connaissent la pénurie dans de nombreux domaines, et c’est tout aussi typique. En raison de cette pénurie, il reste peu de place dans le raisonnement pour envisager à d’autres options (par exemple, payer des factures).

 

Si vous ne pensez pas à demain, il est d’autant plus illusoire d’anticiper sur ce que vous allez payer dans trois semaines. Pour notre secteur, il peut être utile d’envoyer des rappels d’échéance avant la date de paiement convenue. Ils ne peuvent pas être envoyés trop tôt car ils n’ont moins d’effet. Envoyés trop tard, ils arrivent alors que l’argent a déjà été dépensé.

 

La théorie de la rareté a élargi ma vision de la pauvreté. La rareté crée un cadre pour de nombreux comportements et va beaucoup plus loin que je ne l’avais imaginé. Je ne pense pas non plus qu’il existe une solution toute faite pour sortir les gens de cette vision en tunnel, mais des améliorations sont possibles.

 

  • Penses-tu que la pauvreté soit un problème social et/ou politique ? Ou un problème individuel ? Qu’est-ce qui pourrait changer au niveau politique pour mieux aider les personnes vivant dans la pauvreté ?

 

Evidemment, il ne faut pas « vivre au-dessus de ses moyens » comme on dit, mais d’un autre côté, la vie est chère et on est parfois obligé de rentrer dans le rouge. Considérez par exemple le cas d’un prêt pour une maison.

 

Il est particulièrement important de faire des choix calculés. Et pour que ces choix soient mieux fondés, cela devrait certainement être enseigné à l’école. Pourquoi ne pas réintroduire une éducation à la vie quotidienne ? Un cours qui explique comment gérer au mieux ses finances, mais aussi comment repasser les vêtements ou faire cuire un œuf. Cela semble si banal, mais ces compétences de base ne sont plus enseignées à la jeunesse.

 

Je pense aussi qu’il faut assumer une plus grande responsabilité politique qu’aujourd’hui. De nombreux politiciens, qui utilisent la pauvreté comme outil de propagande pour recruter des voix, n’ont absolument aucune idée de ce dont ils parlent et des implications de leurs propositions. Par exemple, ils martèlent volontiers qu’ils sont contre le recouvrement et les frais de recouvrement associés, mais ne savent même pas que les frais de recouvrement sont déjà interdits en Belgique. Les initiatives qu’ils proposent entraînent souvent des frais pour les débiteurs. Ils pourraient peut-être prendre le temps d’écouter ce que le recouvrement de créances mais aussi d’autres solutions ont à offrir. Les slogans répandus par nos politiciens semblent toujours prometteurs, mais s’avèrent trop souvent creux.

 

  • Selon toi, quel est l’impact des factures impayées sur les entreprises ? Avant ton expérience chez TCM Belgium, avais-tu déjà pensé à la pression des factures impayées sur les créanciers ?

 

Je n’avais pas pensé à la pression des factures impayées parce que je pense juste que c’est une idée très étrange de ne pas payer quelque chose.

 

Je comprends maintenant aussi pourquoi il est nécessaire pour les créanciers que les frais et intérêts soient payés en cas de retard de paiement, il s’agit simplement d’une perte de temps et de trésorerie qui doit être remboursée au créancier.

 

C’est particulièrement étrange que les gens s’animent si souvent lorsqu’on leur demande de payer les frais et les intérêts, je suppose parce que ce n’est tout simplement pas « établi » ? Tout le monde a déjà rendu un livre en retard et a dû payer une amende. Et on vous apprend, à un très jeune âge, à rapporter vos livres à temps ou à payer une amende. En cas de factures impayées, les frais et intérêts sont repris dans les « petits caractères » mais malheureusement moins dans les habitudes et l’éducation.

 

  • Comment les entreprises peuvent-elles gérer leurs impayés de manière éthique en veillant à rester économiquement saines ?

 

Je pense que les entreprises n’ont pas le temps de traiter correctement toutes les factures impayées. Donc l’externalisation me semble être la voie appropriée, tant sur le plan éthique qu’économique.

 

Grâce au recouvrement, une solution à l’amiable est toujours recherchée en premier lieu, ce qui garantit des économies de coûts tant pour le débiteur que pour le créancier. Et ce dernier ne perd pas de temps à gérer ces problèmes. Il peut donc se concentrer sur ses activités principales.

 

  • Ton stage touche à sa fin, que retiendras-tu de cette expérience ? Qu’est-ce qui pourrait être utile dans ta future occupation professionnelle ? Et dans la vie ?

 

Je suis moi-même une personne très introvertie, donc cette expérience m’a un peu poussé hors de ma zone de confort. Durant ce stage, j’ai été chaque jour en contact avec de nombreuses personnes de cultures différentes.  Cela a amélioré mes compétences en communication et en langues.

 

Ma vision du monde s’est élargie. J’ai moins de préjugés.

 

Et je ferai bien attention de ne jamais recevoir d’appel d’une agence de recouvrement à l’avenir ! 😊   Je ne veux pas déranger les gens et je serais désolé si je ne faisais pas le suivi de mes finances correctement.

 

Merci pour ton temps et ton travail, Tim !

UN STAGIAIRE DE TESTE L’ÉTHIQUE DU RECOUVREMENT : RENCONTREZ TIM DEBOES (2È PARTIE) 

Dans la première partie de son interview, Tim nous expliquait ce que son stage à TCM lui avait apporté pour mieux comprendre l’équilibre entre éthique et santé économique. L’interview continue ci-dessous.

 

Dans le nouveau programme de la VRT « Caring for mom », six mamans montrent et expliquent aux téléspectateurs ce que c’est que de vivre dans et avec la pauvreté. L’une des interventions m’a interpellé car par le passé j’ai pensé comme ce téléspectateur : « Elle dit qu’elle est pauvre, mais il y a une piscine de 19 000 litres qui brille dans le jardin. Ne devrait-elle pas utiliser cet argent autrement ? » Les gens semblent très prompts à juger quelqu’un endetté, et surtout à penser qu’ils ne se retrouveraient jamais dans une telle situation ou qu’ils géreraient vraiment mieux la situation.

 

 

Je comprends à la fois ta réaction et l’achat de la piscine. Cela ne semble rationnellement pas un bon choix de dépenser de l’argent, mais d’un autre côté, c’est peut-être moins irrationnel qu’on ne pourrait penser. La théorie de Shafir et Mullainathan m’a appris que la réaction aux situations est contextuelle. Et tant que vous ne connaissez pas tout le contexte, vous ne pouvez pas juger.

 

Dans ce cas, la piscine s’est avérée être d’occasion et les enfants ont vraiment apprécié les plaisirs aquatiques. C’est pour les enfants que l’achat a été fait, et ce qui a été dépensé ne peut plus être saisi facilement.

 

Sans vouloir paraître pédant ou analytique, cela évoque la vision en tunnel où les options (vision large) ont disparu. Les personnes en situation de pauvreté connaissent la pénurie dans de nombreux domaines, et c’est tout aussi typique. En raison de cette pénurie, il reste peu de place dans le raisonnement pour envisager à d’autres options (par exemple, payer des factures).

 

Si vous ne pensez pas à demain, il est d’autant plus illusoire d’anticiper sur ce que vous allez payer dans trois semaines. Pour notre secteur, il peut être utile d’envoyer des rappels d’échéance avant la date de paiement convenue. Ils ne peuvent pas être envoyés trop tôt car ils n’ont moins d’effet. Envoyés trop tard, ils arrivent alors que l’argent a déjà été dépensé.

 

La théorie de la rareté a élargi ma vision de la pauvreté. La rareté crée un cadre pour de nombreux comportements et va beaucoup plus loin que je ne l’avais imaginé. Je ne pense pas non plus qu’il existe une solution toute faite pour sortir les gens de cette vision en tunnel, mais des améliorations sont possibles.

 

  • Penses-tu que la pauvreté soit un problème social et/ou politique ? Ou un problème individuel ? Qu’est-ce qui pourrait changer au niveau politique pour mieux aider les personnes vivant dans la pauvreté ?

 

Evidemment, il ne faut pas « vivre au-dessus de ses moyens » comme on dit, mais d’un autre côté, la vie est chère et on est parfois obligé de rentrer dans le rouge. Considérez par exemple le cas d’un prêt pour une maison.

 

Il est particulièrement important de faire des choix calculés. Et pour que ces choix soient mieux fondés, cela devrait certainement être enseigné à l’école. Pourquoi ne pas réintroduire une éducation à la vie quotidienne ? Un cours qui explique comment gérer au mieux ses finances, mais aussi comment repasser les vêtements ou faire cuire un œuf. Cela semble si banal, mais ces compétences de base ne sont plus enseignées à la jeunesse.

 

Je pense aussi qu’il faut assumer une plus grande responsabilité politique qu’aujourd’hui. De nombreux politiciens, qui utilisent la pauvreté comme outil de propagande pour recruter des voix, n’ont absolument aucune idée de ce dont ils parlent et des implications de leurs propositions. Par exemple, ils martèlent volontiers qu’ils sont contre le recouvrement et les frais de recouvrement associés, mais ne savent même pas que les frais de recouvrement sont déjà interdits en Belgique. Les initiatives qu’ils proposent entraînent souvent des frais pour les débiteurs. Ils pourraient peut-être prendre le temps d’écouter ce que le recouvrement de créances mais aussi d’autres solutions ont à offrir. Les slogans répandus par nos politiciens semblent toujours prometteurs, mais s’avèrent trop souvent creux.

 

  • Selon toi, quel est l’impact des factures impayées sur les entreprises ? Avant ton expérience chez TCM Belgium, avais-tu déjà pensé à la pression des factures impayées sur les créanciers ?

 

Je n’avais pas pensé à la pression des factures impayées parce que je pense juste que c’est une idée très étrange de ne pas payer quelque chose.

 

Je comprends maintenant aussi pourquoi il est nécessaire pour les créanciers que les frais et intérêts soient payés en cas de retard de paiement, il s’agit simplement d’une perte de temps et de trésorerie qui doit être remboursée au créancier.

 

C’est particulièrement étrange que les gens s’animent si souvent lorsqu’on leur demande de payer les frais et les intérêts, je suppose parce que ce n’est tout simplement pas « établi » ? Tout le monde a déjà rendu un livre en retard et a dû payer une amende. Et on vous apprend, à un très jeune âge, à rapporter vos livres à temps ou à payer une amende. En cas de factures impayées, les frais et intérêts sont repris dans les « petits caractères » mais malheureusement moins dans les habitudes et l’éducation.

 

  • Comment les entreprises peuvent-elles gérer leurs impayés de manière éthique en veillant à rester économiquement saines ?

 

Je pense que les entreprises n’ont pas le temps de traiter correctement toutes les factures impayées. Donc l’externalisation me semble être la voie appropriée, tant sur le plan éthique qu’économique.

 

Grâce au recouvrement, une solution à l’amiable est toujours recherchée en premier lieu, ce qui garantit des économies de coûts tant pour le débiteur que pour le créancier. Et ce dernier ne perd pas de temps à gérer ces problèmes. Il peut donc se concentrer sur ses activités principales.

 

  • Ton stage touche à sa fin, que retiendras-tu de cette expérience ? Qu’est-ce qui pourrait être utile dans ta future occupation professionnelle ? Et dans la vie ?

 

Je suis moi-même une personne très introvertie, donc cette expérience m’a un peu poussé hors de ma zone de confort. Durant ce stage, j’ai été chaque jour en contact avec de nombreuses personnes de cultures différentes.  Cela a amélioré mes compétences en communication et en langues.

 

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Et je ferai bien attention de ne jamais recevoir d’appel d’une agence de recouvrement à l’avenir ! 😊   Je ne veux pas déranger les gens et je serais désolé si je ne faisais pas le suivi de mes finances correctement.

 

Merci pour ton temps et ton travail, Tim !

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